Konet Jeannot (Président de la Fédération Ivoirienne de Volley-Ball): « Nous avons atteint notre objectif »
Konet Jeannot (Président de la Fédération Ivoirienne de Volley-Ball): « Nous avons atteint notre objectif »

Les Eléphants volleyeurs (Dames et Hommes) sont revenus de Ouaga avec respectivement les médailles d’argent et d’or. Ce résultat réjouit Konet Jeannot, le président de la Fédération qui revient ici sur leur heureuse aventure.
• Vous revenez de la 13ème CAN Zone III les titres de vice-champion en hommes. Quels sont les sentiments qui vous animent ?
: Ce sont des sentiments de joie, de soulagement et de fierté. Joie parce que nos deux équipes se sont très bien comportées en remportant la médaille d’argent chez les dames et celle d’or chez les hommes. Des résultats qui font de moi, un président comblé. Un sentiment de soulagement parce que nous avions été frustrés par la tutelle qui nous a disqualifié pour le dernier championnat d’Afrique d’Abuja et des éliminatoires des Jeux Africains sous prétexte que le volley-ball ivoirien est de bas niveau.
• Ce résultat est donc une réplique au ministère.
: Bien sûr ! C’en est une. Il a douté de nous. Et il nous appartenait, à nous responsables et aux athlètes, de lui montrer, par notre comportement à cette compétition, qu’il était dans le faux. Ce que nous avons réussi. C’est le couronnement de sept années de travail. Nous sommes donc très heureux et même très fiers d’avoir porté très haut le drapeau de la Côte d’Ivoire.
• Est-ce à dire que tous vos objectifs ont été atteints ?
: Notre objectif a été clairement exprimé avant même le démarrage de notre préparation. Ramener les deux trophées à Abidjan. Chez les hommes, cet objectif était sans réserve parce que nous les savions capables de réaliser ce résultat. Sur le terrain, ils ont relevé le défi.
• N’était-ce pas le cas pour les dames ?
: Non. Avec les dames, nous avions quelques réserves. Mais, nous espérions pouvoir les booster en fixant un objectif quelque peu au-delà de leurs capacités, au-dessus de leurs possibilités. Nous avons failli réussir le coup malheureusement, elles sont tombées en finale face à une équipe burkinabé beaucoup plus expérimentée. La médaille d’Argent qu’elles ont rapportée est, pour nous, un bon résultat. Au bout du compte, le volley-ball ivoirien se révèle comme le meilleur de la Zone II avec nos deux titres.
• Votre appréciation de l’organisation de la 13ème CAN Zone III.
: Techniquement, des choses n’ont pas été faites dans les normes. Notamment la constitution des poules, le tirage au sort des matches et le choix des arbitres. Tout cela a été fait à notre insu selon les critères propres à l’organisateur. Par exemple lors de la demi-finale Burkina – Côte d’Ivoire en hommes, les organisateurs avaient choisi un burkinabé et un ivoirien comme 1er et 2ème arbitres. Ce que nous avions dénoncé et récusé en proposant que les arbitres soient d’un pays neutre. Finalement nous avions été suivi et la suite s’est bien déroulée pour nos Eléphants.
• Une mauvaise organisation, vous voulez dire ?
: Au niveau de l’accueil et du traitement des délégations, le comité d’organisation a été à la hauteur. Nous profitons d’ailleurs de l’occasion que vous nous offrez pour saluer la disponibilité et la sollicitude du parrain de la compétition, le Colonel Gilbert Diendéré, chef d’état major particulier du Président Blaise Compaoré. Il n’a ménagé aucun effort pour garantir un séjour agréable aux délégations participantes. Dans l’ensemble, ce fut une organisation acceptable.
• Avez-vous le sentiment que l’o na voulu vous gagnez ?
: Effectivement oui. Nous avons le sentiment, même quelques jours après la fin de la compétition, que le Burkina n’a pas voulu perdre ses trophées. Je le disais tantôt, le tirage au sort qui devait être fait en présence de toutes les délégations a été fait par le seul pays organisateur selon des critères que nous ignorons. Il y a eu également la désignation d’un burkinabé comme 1er arbitre de l demi-finale Burkina – Côte d’Ivoire. Il devait être secondé par un Ivoirien. Ces événements, mis l’un dans l’autre, laissent forcément penser que le pays organisateur avait une intention peu catholique.
• Cette compétition avait-elle un caractère particulier pour vous ?
: Bien sûr que oui. Cette compétition avait un caractère particulier. Au niveau de la tutelle, vous ne l’ignorez pas, il y a des disciplines telles que le volley-ball qui sont plus ou moins marginalisées. A titre d’exemple, nous avons été frustrés à plus d’une fois, dont la dernière a été notre disqualification des éliminatoires d’Alger 2007. Les éliminatoires se faisant par zone, nous avions à cette compétition l’occasion de prouver à notre tutelle qu’elle s’est trompée en refusant de nous engager. Nous ne rêvions pas, mieux que les résultats que nous venons de réaliser pour confirmer notre suprématie au niveau de notre zone.
• Ce qui vous donne certainement des ambitions.
: Les ambitions ne manquent jamais. Toutes les grosses performances ont été réalisées à partir d’ambitions. Aujourd’hui, nous connaissons notre niveau dans notre zone. Par conséquent, nous ambitionnons de nous attaquer à l’Afrique tout entière, nos deux équipes étant qualifiées pour le prochain championnat d’Afrique des nations.
• Qu’en est-il de vos objectifs au niveau de la Zone III ?
: Au niveau de notre zone, nous envisageons d’organiser la CAN. A Ouaga, le comité exécutif de la Zone III et les présidents des fédérations membres ont unanimement décidé que la prochaine édition, la 14ème, se déroule en Côte d’Ivoire. La crise que traverse le pays nous a empêchés d’accueillir l’édition qui vient de s’achever. Maintenant que les choses s’apaisent, nous pensons être à mesure d’honorer notre engagement. Ainsi, sauf une volonté politique contraire, la Côte d’Ivoire abritera la 14ème CAN Zone III.
• Et dans l’immédiat…
Nous envisageons de présenter officiellement les médailles que nous avons rapportées de Ouaga au Ministre des Sports. En outre, nous avons quelques doléances qui nous tiennent à cœur à lui soumettre. Après, je retournerai au Burkina travailler, avec mes pairs, sur les projets de la Zone.
• Apparemment vous avez des relations difficiles avec le ministère. Alors comment aviez-vous préparé cette compétition ?
: La préparation et la campagne elle-même ont été très périlleuses. Il faut l’avouer, les moyens qui nous ont été alloués n’étaient pas élevés. Ce qui a rendu les choses très compliquées pour nous. Notamment dans la mise de nos athlètes dans les conditions adéquates telles les primes de transport pour les séances d’entraînement. A ce niveau d’ailleurs, je voudrais remercier les athlètes qui ont consenti beaucoup de sacrifices pour que nous réalisions ces résultats. Egalement au niveau des formalités administratives les choses n’ont pas été faciles. Mais Dieu merci, tout s’est bien passé par la suite. Et c’est ce qu’il fut retenir.
• Voulez-vous insinuer que le ministère vous a abandonnés ?
: Non, pas du tout. Il a d’abord fait ce qu’il pouvait lors de notre préparation. Ensuite, il était avec nous au Burkina, pendant cette compétition, représenté par le Directeur du Palais des Sports de Treichville, Kouamé Yao Francis qui a conduit la délégation ivoirienne à Ouagadougou. Nous n’avons donc pas été abandonnés.
• Avant votre départ pour le Burkina, les chèques au titre de la parafiscalité ont été distribués aux Fédérations. Et vous faites partie de celles qui n’ont pas été servies. Que s’est-il passée réellement ?
: En ce qui concerne la Fédération de volley, ce qui s’est passé a été un malentendu. Sur le coup, j’avais manifesté mon mécontentement. Car j’ai estimé que le Directeur Général des Sports a manqué de courtoisie à mon égard. Nous étions ensemble la veille. Et il aurait pu m’informer d’avance, pour m’éviter le déplacement. Concernant notre chèque, il a été retenu par mesure de prudence, la fédération étant dans le viseur des Hussiers pour des dettes antérieures à l’avènement de mon comité directeur. Dans quelques jours, nous nous retrouverons pour décider, de concert avec la tutelle, de son utilisation pour éponger cette ardoise de 32 millions de FCFA qui nous cause beaucoup d’ennuis.
Interview réalisée par Super Sport
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