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Jacques Anouma : « Le monde du football n'est pas pourri »

Football
Afrique

Jacques Anouma : « Le monde du football n'est pas pourri »

24 November 2020 0

Coup de théâtre dans le football africain. Ahmad Ahmad, le président de la CAF, la Confédération africaine de football, est suspendu pour 5 ans pour manquement à l'éthique. Il ne pourra donc pas se présenter en mars prochain pour un second mandat. Y a-t-il quelque chose de pourri au royaume du football ? L'Ivoirien Jacques Anouma est l'un des quatre candidats à la succession d'Ahmad Ahmad. En ligne d'Abidjan, il répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

On vient d’apprendre que le président de la Confédération africaine de football (CAF), le Malgache Ahmad Ahmad, est suspendu pour cinq ans par la Fédération internationale de football association (Fifa), quelle est votre réaction ?

En tant que candidat à la présidence de la CAF, je ne peux pas me prononcer sur cette affaire. Mais par contre, ce que je peux dire, c’est que la Commission d’éthique est un organisme crédible et indépendant.

S’il y a un point positif à retenir du bilan du président Ahmad à la tête de la CAF, quel est-il ?

C’est quelqu’un qui avait vraiment envie de faire des réformes, mais il avait en face de lui un bureau où tout le monde n’était pas solidaire. Peut-être que cela peut être aussi à l’origine de ses ennuis, les gens n’étaient pas solidaires.

Alors le président Ahmad a tout de même élargi la Coupe d'Afrique des nations (CAN) de 16 à 24 équipes…

Oui, il y a des avantages aussi et puis quelques inconvénients. C’est sûr que, depuis qu’on a pris cette décision, on a du mal à avoir un pays qui soit prêt à organiser seul cette compétition, parce que, déjà à 16, c’était un problème, alors maintenant à 24, cela demande beaucoup plus d’infrastructures routières, de stades, d’hôpitaux dignes de ce nom. Alors est-ce vraiment la bonne décision qu’on a prise ? J’entends de temps en temps des gens s’en plaindre. Il y a des sujets qu’il va falloir peut-être remettre sur la table, comme la CAN tous les deux ans ou tous les quatre ans, il va falloir en parler à un moment.

Sepp Blatter à la tête de la Fifa, Michel Platini à la tête de l’Union des associations européennes de football (UEFA), aujourd’hui Ahmad Ahmad à la tête de la CAF, beaucoup de dignitaires du football tombent pour mauvaise gouvernance ?

Cela commence à faire beaucoup, oui. Mais peut-être les prochaines élections nous permettront de corriger tout cela.

Le monde du football est-il pourri ?

Tout le monde parle de football, et les autres ? (rires) Le monde du football n’est pas pourri. Dans le monde du football, il y a des gens bien, on trouve de tout comme dans toute corporation ou dans toute institution. Ce n’est pas plus pourri qu’ailleurs.

En 2017, vous êtes de ceux qui se sont félicités de la chute du président Issa Hayatou. Est-ce que vous n’êtes pas déçu par le fait que son successeur tombe à son tour pour mauvaise gouvernance ?

Non, je ne m’étais pas félicité pour la mauvaise gouvernance, non. Je ne renie pas que j’ai participé à l’accession du président Ahmad à la tête de la CAF. Mais aujourd’hui, ce qui va être l’un des enjeux de cette campagne électorale et de cette élection, c’est de ramener la bonne gouvernance au sein de notre institution, c’est de faire en sorte que les compétitions soient mieux organisées, c’est de privilégier la concertation et le dialogue entre les membres actifs. En tout cas, en ce me concerne, je vais profiter de mon expérience multidimensionnelle dans le domaine de la finance et du sport, et du football en particulier, pour faire de cette CAF quelque chose de crédible au sein du football mondial.

Face à vous, il y a le Sud-Africain Patrice Motsepe, le Sénégalais Augustin Senghor et le Mauritanien Ahmed Yahya. Quelle est la différence Anouma ?

J’ai pour moi une longue expérience de la vie associative, je suis passé en COP [Commission d'organisation des compétitions], je suis passé à la fédération ivoirienne, je suis passé au comité exécutif de la CAF et de la Fifa. J’ai une longue expérience du football. Aujourd’hui même encore, je suis président d’un club. J’ai une vision claire de ce que je veux pour le football africain.

Oui, mais en Afrique du Sud, Patrice Motsepe est le président de l’un des plus grands clubs du continent, les Mamelodi Sundowns…

Mais chacun de nous viendra avec ses atouts. Est-ce que cela suffit simplement d’être un très grand dirigeant de football en club, je ne sais pas si cela suffit.

Et à la tête de la fédération sénégalaise, Augustin Senghor est le vice-champion d’Afrique depuis la dernière CAN, ce n’est pas rien cela…

La Côte d’Ivoire a gagné quand même deux trophées. La Côte d’Ivoire est une grande nation de football.

On a vu le poids du président de la Fifa, Gianni Infantino, en 2017 lors de la chute d’Issa Hayatou, est-ce que ce n’est pas encore le président de la Fifa qui fera l’élection du prochain président de la CAF au mois de mars prochain ?

Je ne sais pas, je ne sais pas… Il ne faut pas le négliger le fait que la Fifa a une très grande importance au sein de nos associations, est-ce que cela suffit pour décider de qui sera le prochain président de la Confédération africaine ? Je ne crois pas.

Est-ce qu’avec une forte personnalité comme Gianni Infantino, les Africains ne sont pas en train de perdre le contrôle de la CAF ?

C’est à nous de ne pas baisser la garde et puis de faire en sorte que nous soyons respectés, parce que ce n’est pas évident que toutes les décisions qu’on nous impose en Afrique, on puisse le faire à l’UEFA,au Comebol [Confédération sud-américaine de football] ou à la Concacaf [Confédération de football d'Amérique du Nord, d'Amérique centrale et des Caraïbes]. Il faut que l’Afrique soit forte. Il faut qu’on se fasse respecter.

L’Afrique a trop subi ces quatre dernières années ?

A mon sens, on a subi peut-être, quelquefois même nous l’avons favorisé. Il ne faut pas avoir honte de le dire, nous l’avons favorisé. Les gens qui critiquent la Fifa, son immixtion au sein de la CAF, mais qui l’a demandé ? C’est le comité exécutif [de la CAF] qui a demandé que la Fifa vienne mettre de l’ordre un peu dans notre institution. Et vous pensez qu’on n’a pas suffisamment de cadres compétents en Afrique au sein du mouvement sportif qui soient capables de remettre à plat les procédures de la CAF ou les problèmes de gouvernance, de compétition, et même les problèmes de marketing ? Mais non. On en trouve en Afrique. Maintenant, il faut remettre les choses à plat. Moi, j’ai des ambitions pour le continent et c’est pour cela que je me présente.

Source : RFI

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