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Sory Diabaté : « On juge une fédération sur ce qu’elle a fait »

Football, Ligue 1, Elephants

Sory Diabaté : « On juge une fédération sur ce qu’elle a fait »

16 January 2020 0

Avant le grand oral de la Ligue Professionnel de Football pour faire le bilan de la mi-saison 2019-2020, le président Sory Diabaté était l’invité de la Nouvelle Chaine Ivoirienne (NCI). Une aubaine pour le 1er vice-président de la fédération pour éclaircir plusieurs zones d’ombre dans la gestion de la FIF.

La FIF ne communique pas tant que ça avec les médias. Est-ce une mauvaise analyse ?

Non, vous ne vous trompez pas. C’est vrai qu’on a des améliorations à faire au niveau de la FIF sur ce sujet-là. C’est vrai qu’on n’a pas beaucoup communiqué ces derniers temps, mais on communique sur l’essentiel. On essaie de dire à l’opinion ce qui mérite d’être dit. On est dans l’action, dans l’organisation de nos compétitions, on essaie de faire vivre le football ivoirien au quotidien et on pense que sur ce plan, on ne travaille pas mal.

On vous reproche de ne pas faire de bilan après les compétitions. Qu’est-ce que vous en dites ?

Nous faisons les bilans. Il faut savoir que nous sommes organisés en association par conséquent nous avons des membres actifs qui sont les clubs, les groupements d’intérêts. Et à chaque retour de compétition, nous faisons le bilan aux membres de notre association. Il nous est arrivé de faire des conférences de presse pour expliquer à chaque fois quand nous sortons des compétitions, la raison des performances. Nous mettons souvent en première ligne les entraineurs qui eux sont chargés d’expliquer les performances. Ce n’est pas forcement les administratifs comme nous, parce que ce n’est pas nous qui devons expliquer. Nous mettons (donc) en première ligne les joueurs, les entraineurs qui eux s’expriment sur les performances pendant les compétitions. Et quand nous sortons de nos compétitions nous faisons un compte rendu au ministère des sports qui est la tutelle et aux assemblées générales de la fédération ivoirienne de football nous rendons compte de tous nos rapports d’activités, financiers de tout ce que nous faisons sur nos compétitions.

Ils sont nombreux les présidents de Clubs qui affirment via les médias qu’ils ne sont pas consultés ou informés régulièrement de ce qui se passe. Est-ce vrai ?

Il faut savoir que nous avons une assemblée générale ordinaire une fois par an. Elle se tient chaque année au plus tard le 30 Juin. Au cours de cette assemblée nous faisons le rapport d’activité, le rapport financier. Nous faisons les affiliations des clubs et quand cela est nécessaire, nous faisons une assemblée générale extraordinaire pour faire les modifications de nos statuts et nos textes. Cela se passe en présence des présidents de clubs. Et il y a deux délégués par club qui participent, et c’est de façon régulière chaque année. Et là, mardi prochain (NDLR : Mardi 21 Janvier 2020), je rencontre les clubs de Ligue pour faire le point de la phase Aller du championnat de Ligue 1 suivi de la phase Aller de Ligue 2.

Comment expliquez-vous le fait que 33 clubs n’aient pas donné leur quitus au bilan du Président Sidy Diallo en mai 2019 dernier à Yamoussoukro ?

J’explique cela par la démocratie. Nous avons à cette assemblée générale qui a duré 9 heures, présenté notre rapport d’activité qui a été approuvé à l’unanimité par les clubs présents. Nous avons ensuite présenté le rapport financier. Il faut savoir que ce rapport financier est précédé de remise de documents financiers aux clubs, deux semaines avant l’assemblée générale. Donc si vous avez des observations à faire, vous les portez à la FIF lesquelles peuvent faire l’objet d’échange lors de l’assemblée générale. Et nous n’avons pas reçu d’observations sur les états financiers deux semaines avant l’assemblée générale. Pour nous il n’y a pas de problème. Nous avons en 3 heures et demi, discuté de tous les sujets relatifs aux aspects financiers. Nous avons donné tous les détails. Et après, nous avons posé la question de savoir s’il y avait des objections sur les points que nous vous avons présenté. Il n’y avait pas de question. Alors après, on va au vote et il y a 33 personnes donc des délégués qui disent : « Nous ne sommes pas d’accord donc nous ne donnons pas le quitus ». Mais nous, nous avons 44 délégués, ce qui représente la majorité, qui disent : « Nous sommes satisfaits de votre travail et nous vous donnons le quitus ».

Comment expliquez-vous qu’il y’a quelques années de cela le commissaire aux comptes de la FIF ait refusé de certifier les comptes de la FIF ?

Il a refusé avec des éléments très précis. L’année 2012 a été une année difficile. C’était l’année de participation à la CAN. Quand nous sommes revenus de la CAN 2012, il y a eu du changement au niveau du personnel de la fédération notamment des changements au niveau de la comptabilité, donc il s’est passé des choses qui ont fait que des documents comptables n’étaient plus disponibles. L’Assemblée générale a été convoquée à une date précise mais le commissaire aux comptes n’avait pas fini son travail. Il nous a alors demandé de repousser la date et c’est ce que nous avons fait. Quand nous avons reçu le rapport, il n’y a pas eu d’échanges entre nous et le commissaire aux comptes. Et nous avons dit que ce n’est pas normal ! Parce que quand vous faites une expertise, quand vous avez fini une mission vous venez nous voir pour que nous discutions des points. Parce qu’il y’a des éléments de réserves que vous avez formulé qui pour nous ne doivent pas être des éléments de réserves parce que les documents sont disponibles. Il nous a dit que nous n’avions pas les documents de la CAN 2012, alors que moi-même, qui était à la CAN, j’ai remis tous les états financiers au comptable sauf que ce comptable n’était plus celui qui était en poste. Donc, qu’est ce qui s’est passé dans la passation pour que le commissaire aux comptes dit n’avoir pas vu un certain nombre de documents ? Nous avons (donc) reversé tous les documents et un autre rapport a été fait. Sauf que le commissaire dit : « Moi je ne veux plus revenir à ces documents, je vais prendre mes premières observations ». Ce que nous n’avons pas trouvé juste. Mais nous sommes allés à l’Assemblée générale où le commissaire aux comptes a émis ses réserves, quand nous, nous avons présenté les documents que nous avions. L’auditeur interne avait validé tous ces éléments, ces éléments ont été présentés à l’Assemblée souveraine qui, elle, a validé les éléments et a donné quitus.

“ Personne ne peut comprendre le départ de Zahoui François. Ça c’est clair. “

Comment expliquez-vous cette dégringolade au classement FIFA et CAF de l’équipe A de Côte d’Ivoire ?

Elle s’explique par le changement de génération que nous avons connu. Nous sommes arrivés à une étape où ce que nous appelons la génération dorée est arrivée à maturité et beaucoup de joueurs ont pris leur retraite. Vous savez que cette génération nous a valu une première qualification à une coupe de monde en 2006. Avec cette génération de joueurs talentueux, nous avons disputé une finale de coupe d’Afrique en 2006 malheureusement perdue et nous avons disputé la finale de la CAN 2012 ensuite nous sommes qualifiés pour la Coupe du Monde 2014. Après cette coupe du monde, beaucoup de joueurs étaient pratiquement au terme de leur carrière. Des joueurs majeurs étaient en fin de carrière ou vers la fin de leur carrière. Ce renouvellement d’effectif a forcément une influence sur le groupe, sur l’équipe nationale. Donc, la nouvelle génération qui arrive prend beaucoup de temps pour s’affirmer et donc nous avons connu une dégringolade au niveau de nos performances ce qui fait que naturellement nous n’avons pas pu nous qualifier pour la coupe du monde 2018. Et quand vous ne jouez plus des compétitions majeures comme la coupe du monde, vous perdez des points alors que le mondial donne beaucoup de points.

N’est-ce pas la venue à la tête du Président Augustin Sidy Diallo qui a provoqué tout cela ?

Non cela n’a rien avoir. C’est tout simplement parce que nous avons connu le départ d’un bon nombre de joueurs talentueux. Les jeunes qui sont arrivés n’étaient pas prêts. Quand vous avez des joueurs qui ont fait trois coupes du monde, il y’a une certaine expérience que ces joueurs ont et quand vous les avez, vous faites des matches de haut niveau, vous obtenez des points. Parce que, même les matches amicaux que vous jouez contre des équipes de haut niveau vous donnent des points au niveau du classement. Et là aujourd’hui nous sommes en pleine restructuration. Nous l’avions annoncé en Juillet 2014 quand nous recrutions Hervé Renard. Après la coupe du monde, l’objectif était de reconstruire une nouvelle équipe et cette reconstruction a commencé avec Hervé Renard. Heureusement on a gagné mais on a gagné un peu trop tôt ce qui fait croire à tout le monde qu’on était prêt ! Il fallait continuer à travailler, intégrer de nouveaux joueurs, intégrer les jeunes, leur donner la possibilité de prendre l’expérience pour arriver à un certain niveau.  

Comment expliquez-vous le maintien par le comité exécutif de plusieurs sélectionneurs qui ne font pas l’unanimité et dont les résultats sur le terrain ne justifient pas leur maintien ?

On ne peut pas maintenir un sélectionneur s’il n’a pas fait de bons résultats.

Vous avez par contre libéré Zahoui François…

Personne ne peut comprendre le départ de Zahoui François. Ça c’est clair. Il y’a eu un problème interne. Vous savez on ne peut pas donner toutes les raisons quand il y’a un divorce donc je préfère dire qu’il y’a eu un problème en interne.

Sauf que les divorces s’enchainent parce que beaucoup de joueurs pointent du doigt via les médias des rapports un peu compliqués avec le comité exécutif…

Non, moi je ne crois pas. Si un joueur a un problème avec le comité exécutif, il l’exprime. Nous sommes ouverts, pour nous, nous n’avons pas de problème avec un joueur. Nous n’avons pas de problème avec Gervinho. J’ai lu sa dernière interview il n’y a pas trop longtemps où il dit qu’il n’a pas de problème avec le président Sidy Diallo, ni avec moi, ni avec un autre membre du comité exécutif. On peut ne pas se comprendre sur un certain nombre de sujets, mais il n’y a pas de problème de fond avec les joueurs, et nous faisons en sorte de ne pas avoir des problèmes parce que nous ouvrons toujours cette possibilité de discussion avec les joueurs qui sont pour la plupart nos jeunes frères. Sur les cas des incompréhensions avec les entraineurs, nous les choisissons avec des objectifs bien précis. Si l’objectif est atteint, nous continuons dans le cas contraire nous nous asseyons et nous discutons. Après le départ de Zahoui, nous avons fait venir Sabri Lamouchi. Le problème avec Zahoui, ce n’est pas pourquoi il est parti mais qui l’a remplacé. Nous avons compris la réaction des ivoiriens car nous avons remplacé Zahoui qui est arrivé en finale par quelqu’un qui n’avait jamais entrainé à un certain niveau, donc tout le monde était inquiet. Heureusement pour nous, avec Sabri nous avons réussi à nous qualifier pour la coupe du monde et il a fait la CAN 2013 où il a été éliminé en quart de finale. Et quand nous sommes arrivés à la fin de ce parcours, nous étions en fin de contrat avec Sabri, et nous avons décidé de ne pas poursuivre l’aventure avec lui, parce que nous étions à une étape de reconstruction, et il nous fallait quelqu’un qui allait faire cette étape de reconstruction. C’est pour cela que nous avons fait venir Hervé Renard que nous n’avons pas fait partir. Il a demandé à partir.

Après le scandale de la CAN 2015, quelles sont les dispositions qui ont été prises afin que les primes des joueurs soient directement virées par le Trésor Public sur les comptes bancaires des joueurs sans passer par les comptes de la FIF ?

La sélection nationale est gérée par l’Etat de Côte d’Ivoire. La FIF ne gère pas les fonds. Les fonds sont mis à la disposition de l’Office Nationale des Sports (ONS). L’argent n’est donc pas viré sur les comptes de la fédération. Contrairement à ce qui a été dit, ce n’est pas la FIF qui a encaissé les fonds mais les fonds étaient plutôt entre les mains du régisseur à ce moment.

Aujourd’hui dans notre budget, les sponsors interviennent à 20%. La part la plus importante du budget c’est l’Etat qui contribue à hauteur de 56%“.

Quelles sont les clés de répartitions des ressources marketing (canal+, Quote part, etc…) de la FIF ?

Concernant la question de Canal+, nous avons un contrat qui dure jusqu’en 2021 et nous avons décidé de mettre à la disposition des clubs les 2/3 de cette manne financière. Même hier, les clubs ont reçu la deuxième tranche de leur dotation de la saison 2019-2020, ce qui veut dire qu’ils ont pratiquement reçu la totalité de la dotation qu’ils devaient recevoir sur les droits télé Canal+. Sur les ressources additionnelles que nous avons dans le cadre du sponsoring, nous faisons une répartition de 60% clubs et 40% FIF. Si aujourd’hui au-delà de ce que Canal nous donne, un annonceur vient nous voir et dit je veux apporter du financement, je veux être sur les événements de la FIF, le minimum que la FIF puisse avoir c’est entre 40 et 50%.

Quelle est la part des sponsors (Orange, Puma, etc…) dans le budget de la FIF ?

Aujourd’hui dans notre budget, les sponsors interviennent à 20%. Les gens s’imaginent que c’est la part la plus importante du budget de la fédération. La part la plus importante du budget c’est l’équipe nationale, les compétitions internationales et c’est l’Etat de Côte d’Ivoire qui contribue pratiquement à hauteur de 56%.

Comment expliquez-vous que le championnat des jeunes, peine à être mis en place ?

Au départ, les compétitions de jeunes étaient subventionnées par une société qui, en 2006, s’est retirée carrément. Alors que cette compétition coûte aussi beaucoup d’argent donc de 2006 jusqu’à un certain nombre d’année on a arrêté les compétitions des jeunes. Moi au niveau de la Ligue Professionnelle j’ai estimé que ça ne pouvait pas continuer comme cela et j’ai lancé dans un premier temps le championnat élite jeune, réservé aux équipes de ligue et ce n’était pas sur toute l’étendue du territoire. Et cette année ce que nous avons fait après avoir mis en place un groupe de travail, c’est de relancer le championnat des jeunes après l’assemblée générale du 25 Mai 2020 à Yamoussoukro. Nous avons décidé de mettre en place un groupe de travail composé de dirigeants de clubs et d’acteurs du football qui ont mené la réflexion et qui sont arrivés à dire, relancez le championnat élite jeune. Donc dans un premier temps, nous avons ouvert le championnat des jeunes aux moins de 17 ans des clubs de la ligue 1 et certains clubs de la ligue 2. Nous avons 24 clubs aujourd’hui qui participent à ce championnat à Abidjan. La deuxième étape, ce sera l’intérieur du pays. Nous avons 12 ligues régionales et l’option que nous avons prise est que dans chacune de ces ligues qu’il ait au moins 10 équipes de jeunes pour que nous puissions lancer les compétitions.

Comment expliquez-vous que les équipes ivoiriennes aient du mal à se positionner dans les compétitions africaines ?

On n’avait jamais joué de finale de coupe d’Afrique de clubs depuis 1999. Il faut savoir que c’est sous Sidy (Diallo) que le Séwé a fait sa finale en 2014 donc c’est le seul club. Comment le Séwé y est arrivé ? Le club a été champion de Côte d’Ivoire trois saisons de suite, et il a réussi à conserver ses joueurs pendant les trois saisons. Quand vous arrivez à conserver une équipe, une ossature, vous avez des joueurs qui ont du rythme, des joueurs qui sont habitués à la compétition internationale, aux compétitions interclubs. Ce n’est pas le même rythme, ce n’est pas le même niveau de compétition et c’est cela qui nous manque aujourd’hui. Ce que nous constatons, est que beaucoup de nos joueurs partent très tôt. Il y’a des joueurs qui ont marqué 10 buts en mi-saison, et qui sont partis. La saison dernière, tous les ténors qui composaient l’équipe type de la saison sont pratiquement partis. Pour garder les joueurs il faut leur donner les moyens qu’il faut, et nous essayons de faire en sorte que les clubs aient les moyens de les garder. Aujourd’hui nous distribuons aux clubs de Côte d’Ivoire deux milliards quatre cent quarante-trois millions de francs CFA (2.443.000.000 FCFA) par saison de droit télé et de subvention directe. La Ligue 1 touche 1 milliard en droit télé. La D2 et D3 touchent 600 millions en subvention. Pourtant quand vous prenez un club de Ligue 1 dans le passé, avant Sidy Diallo, c’était 38 millions en 1ère division, aujourd’hui le club de ligue touche 75 millions. Le club de D2 c’était 8 millions, aujourd’hui 25 millions et le club de D3 touchait 7 millions, il touche aujourd’hui 15 millions. Le vainqueur de la coupe nationale touchait 5 millions, nous on est passé à 10 millions. Le vaincu 5 millions on est passé à 7,5 millions. Aujourd’hui nous avons lancé le challenge de leader de ligue 1 c’est-à-dire que sur les 26 journées du championnat à chaque fois que vous êtes leader à la fin d’une journée vous avez 1 million juste pour que les clubs aient quelques moyens pour leur permettre de gérer au mieux leur saison. Ensuite nous avons mis en place l’assurance maladie qui permet de prendre en charge 28 personnes par club. Tout cela, ce sont des mesures que nous avons mises en place pour aider les clubs.

Les stades désemplissent au fil des temps. Comment justifiez-vous cela ?

Il faut savoir qui doit faire venir le public au stade. D’abord il y’a la qualité. Ce n’est pas le travail de la FIF, parce que c’est chacun qui demande à ses supporters de venir au stade. Mais nous faisons un peu le travail des clubs. Et il y’a le télédiffuseur comme vous le voyez avec canal qui le fait avec les matches qui doivent passer. Mais à côté de cela le club doit aussi s’organiser avec ses supporters pour les faire venir. Nous avons été bien aidés par les réseaux sociaux pour le match Africa-ASEC de la fois dernière où nous avons obtenu près de 6000 spectateurs. Et cela depuis 10 ans c’est des choses qu’on n’a pas encore vues. Je voudrais profiter de l’occasion pour dire merci à tous ceux qui nous ont aidé à faire la promotion de ce match. Et ce match, chaque club a touché 1 million 500 mille. Sinon il y a des clubs qui touchent 1 million sur une saison sur les recettes de match.

Avez-vous un droit de regard sur les salaires qui sont payés aux joueurs dans les clubs ?

Oui. Nous avons mis en place le cahier des charges. Au niveau administratif nous avons fait beaucoup de choses. Quand on est arrivé en 2011 avec cette Fédération, il faut savoir que tout le monde pouvait entrainer dans le championnat de Côte d’Ivoire. Celui qui a envie d’entrainer se met sur le banc et il entraine. Maintenant il faut avoir une licence et nous avons formés 306 licenciés CAF de la licence A à la licence C, or en 2011 il n’y avait que 31 et encore sur les 31, ceux qui étaient en activité n’étaient pas plus de 14. Aujourd’hui il y’a 270 licenciés qui sont diplômés de la licence fédérale. Sui vous n’avez pas la licence A vous ne pouvez pas entrainer en Ligue 1, si vous n’avez pas la licence B vous ne pouvez pas entrainer en Ligue 2, si vous n’avez pas la licence C vous ne pouvez pas entrainer en 3e division et si vous n’avez pas la licence D vous ne pouvez pas diriger les jeunes.

On prévoit la construction de l’hôtel des Eléphants au CNTF avec un espace de 60 chambres dont 4 suites en R+2 en bordure de lagune.“

Est-ce que l’autre problème n’est pas le manque criard d’infrastructures ?

C’est un vrai problème. Quand on a lancé cette campagne en 2011, vous vous rappelez qu’on avait un programme en 11 points et dans ce programme tout ce qui a été prévu, et tout ce qui a été promis aux clubs, ont été réalisé. Pour parler des infrastructures, en Côte d’Ivoire c’est dommage mais cette situation va être résolue bientôt. Même au centre technique, nous avons qu’un seul terrain d’entrainement. Aujourd’hui on a mis une pelouse synthétique. Nous avons doté le stade Robert Champroux d’une nouvelle pelouse. Cette pelouse qui a été mise en place en septembre 2007 vient d’être renouvelée 12 ans après. Nous avons installé une pelouse synthétique à Abobo, une pelouse synthétique à Yopougon avec l’éclairage pour pouvoir s’entrainer en nocturne. Aujourd’hui ces stades reçoivent des matches de troisième division, de football d’entreprise et de football féminin. Il y a aussi la pelouse synthétique que la première dame a bien voulu offrir à la commune de Gagnoa.

Le Centre Technique National de Bingerville (CNTF), « notre Clairefontaine » appartient à la CIE ou à la FIF ? Et pourquoi n’organisez-vous pas les regroupements là-bas ?

Ce n’est pas la propriété de la CIE, c’est la propriété de la FIF. Il faut dire merci au président Jacques Anouma qui en a fait l’acquisition quand il était président (de la FIF). Les regroupements ne se font pas là-bas parce que nous n’avons pas toutes les commodités pour recevoir une équipe nationale de type équipe nationale A. Aujourd’hui, un regroupement de l’équipe nationale c’est 23 joueurs et une quinzaine de dirigeants alors que le nombre de chambres que nous avons ne permet pas de recevoir toute l’équipe. C’est pour cela que nous allons encore à l’hôtel. Mais il faut savoir que le projet que nous avons, prévoit la construction de l’hôtel des Eléphants au CNTF avec un espace de 60 chambres dont 4 suites en R+2 en bordure de lagune.

Comment expliquez-vous les sorties en demie teintes de Didier Drogba, Yaya Touré et maintenant de Gervinho de la sélection nationale ?

Nous n’avons chassé aucun joueur de l’équipe nationale, il faut que vous le sachiez. Hervé Renard est arrivé, nous lui avons mis à disposition tous les joueurs et il avait carte blanche. Pour ce que nous savons il a contacté certains qui ont dit : « Nous souhaitons prendre du recul par rapport à la sélection ». Ça fait 12 ans que vous (NDLR : Didier Drogba) travailler avec une fédération, vous êtes arrivés en 2002. Moi je ne critique pas Didier Drogba, car c’est un symbole de notre football, je ne veux pas faire de polémique. Mais quand il y a un problème, vous l’exposez, vous rencontrez le président de la fédération pour lui parler. Gervinho, je l’ai rencontré après notre élimination contre le Maroc et il m’a dit je reste attaché à la sélection, je ne partirai pas de la sélection. C’est ce qu’il a renouvelé et il a encore dit qu’il veut jouer. Donc pour Gervinho, ça se passe entre lui et le sélectionneur Kamara Ibrahim. C’est Kamara qui sélectionne, nous on n’intervient vraiment pas dans la composition, dans la sélection des joueurs. Ceux qui vous le disent se trompent. Jamais on n’a fait une liste. Vous pouvez le demander aux entraineurs qui sont passés, jamais nous ne sommes allés voir un entraineur pour dire « voici la liste des 23 qu’il faut convoquer ». Jamais ! Et on ne va pas le faire car si vous faites cela et qu’il y’a un échec, vous êtes le premier responsable de cet échec et vous ne pouvez pas sanctionner l’entraineur.

Est-ce qu’un remplacement de Kamara Ibrahim avant la prochaine CAN est possible ?

Nous avons un contrat de 2 ans avec Kamara et le contrat court jusqu’à son terme. Pour le moment nous sommes satisfaits du travail que nous faisons. Nous avons pu avoir notre qualification avant terme pour la CAN 2019 ce qui n’était pas le cas pour les deux dernières CAN. Les gens oublient que la CAN 2015, on l’a gagné en se qualifiant à la dernière journée en jouant contre le Cameroun. Ils oublient aussi qu’en 2017, on a joué la dernière journée contre la Sierra Leone où nous étions à deux doigts d’être battus. Alors qu’avec Kamara on s’est qualifié avant terme. On est allé à cette CAN, on fait une CAN acceptable car je ne dirais pas qu’on a été brillant. On a difficilement commencé mais on est allé en ¼ de finale contre l’Algérie qui a remporté le trophée et qui n’a encaissé qu’un seul but dans la compétition, contre la Côte d’Ivoire. Donc je pense qu’on est en train de construire une équipe. Il ne faut pas qu’on se dise qu’on va tout gagner mais il faut être patient. L’équipe qu’a Kamara aujourd’hui, est jeune. Il y’a des jeunes qui ne sont qu’à leur premier deuxième, troisième match. On a gagné la CAN avec des joueurs qui étaient à leur Sixième CAN. Et là, nous sommes avec des joueurs qui ne sont qu’à leur deuxième et troisième CAN.

Quand on a autant de frondeurs parmi les présidents de Club, est ce que ce n’est pas cela aussi être un grand dirigeant de savoir partir quand on est plus aimé ?

Non de savoir pardonner d’abord. Il faut savoir d’où part la fronde et sur quoi se base cette fronde. Nous sommes en Novembre 2017 quand tout commence. Un dirigeant fait une réunion et dit : « Moi je ne suis pas content ; on a été éliminé de la Coupe du Monde ; on a des problèmes, le football ivoirien ne va pas ; il faut que la fédération parte ». Des gens tapis dans l’ombre, s’en saisissent. On a suivi un peu cette affaire. En 2011, personne ne nous voyait gagné les élections donc ceux qui ont perdu n’ont naturellement jamais voulu composer avec nous. On a tout fait pour que les gens viennent, mais si vous ne pouvez pas composer avec tout le monde, vous faites avec la majorité. Donc un mouvement se créé avec des éléments qui sont avancés qui disent que la fédération est mal gérée. Nous disons comme c’est ce que vous pensez, on vous convie à des rencontres pour vous éclaircir les différents points que vous avez évoqué. Et qui sont, il n’y a plus de football de jeune, il n’y a plus de football féminin, il n’y a plus d’argent, vous avez appauvris les clubs. Nous disons d’accord, mais nous répondons pour dire que quand touchiez 38 millions vous n’étiez pas pauvres, c’est maintenant que vous touchez 75 millions que vous êtes pauvres. Vous dites qu’il n’y a pas de football féminin en Côte d’Ivoire, mais quand nous arrivions nous avons dit que nous allions relancer le football féminin. Et dans le temps il y avait 6 équipes de football féminin. Avec la grande sœur Berthe Adou, nous avons dit que nous allions augmenter jusqu’à 10 équipes et nous sommes passés à 10. Aujourd’hui nous sommes à 20 clubs. Pour la première fois de l’histoire du football féminin depuis sa création en 1975, nous sommes allés à une phase finale de coupe d’Afrique et nous sommes revenus avec une médaille de bronze. Après cela on va à la Coupe du monde pour la première de notre histoire sous la houlette de Touré Clémentine qui est aujourd’hui l’une des meilleures dans le monde et qui est même instructrice FIFA. A notre retour du mondial, on prend en charge des filles à qui on donne une indemnité mensuelle. Les clubs de premières divisions aujourd’hui touchent 2.500.000 francs CFA de subvention alors que cela n’existait pas. Aujourd’hui le football féminin est classé 5e au classement africain. Nous avons 22 joueuses qui étaient ici qui sont maintenant internationales qui jouent maintenant en Europe, en Asie qui arrivent à prendre en charge leur famille c’est-à-dire elles sont professionnelles. Ce qui fait qu’aujourd’hui quand on compose la sélection nationale de l’équipe de Côte d’Ivoire à part la gardienne, elles sont toutes internationales. Quels sont les griefs que vous avez en réalité ? On a augmenté les subventions, on a donné deux autres terrains où on peut jouer le championnat. Pendant 25 ans le stade Champroux et le Parc des Sports ne pouvaient pas accueillir des matches en nocturne, sous la fédération de Sidy Diallo on a donné l’éclairage on joue maintenant comme vous pouvez le constatez en nocturne. Donc c’est quoi les problèmes ? En définitive on a compris que dans la famille il peut avoir des incompréhensions, mais des fausses informations ont circulé. Nous sommes allés à l’Assemblée Générale à Yamoussoukro, on a répondu à tous les griefs mais avant de démarrer l’Assemblée Générale, le président de la FIF a dit nous sommes en famille, il y’a eu des incompréhensions mais nous avons Dieu merci la chance de nous rassembler, je vous demande pardon. Je vous demande pardon à tous, je suis le père et je suis responsable de tout ce qui s’est passé. Je vous demande pardon travaillons ensemble.

Pour l’élection, le comité exécutif de la FIF communiquera les dates très bientôt. La période est connue selon les articles 42 et 43 de la fédération“

A quand les élections présidentielles de la FIF ?

Selon les statuts de la Fédération, le comité exécutif de la FIF communiquera les dates très bientôt. La période est connue selon les articles 42 et 43 de la fédération. Et pour le moment la date n’est pas encore définie. Ça peut être cette année.

Sory Diabaté candidat ou pas ? Que pensez-vous des autres candidatures ?

Sory Diabaté ne peut pas se prononcer sur cette question aujourd’hui. Nous on ne fonctionne pas à la personne mais nous fonctionnons dans un système. Nous analysons les besoins du football ivoirien. Voilà comment moi j’ai commencé à fonctionner depuis des années. Après vous vous asseyez et vous dites voici ce qu’il faut aujourd’hui au football ivoirien. Quels sont les actions que nous pouvons menées pour que ces préoccupations soient prises en compte ? Après cela, qui a le meilleur profil pour pouvoir diriger ? Et ensemble, nous disons que tel a le meilleur profil et nous allons pour telle personne. Concernant les autres candidatures, je ne vais pas me prononcer là-dessus.

Quelles sont les recommandations que vous avez à faire aux clubs pour maximiser leur représentation sur la scène africaine ?

La première c’est d’abord de faire l’effort de conserver l’effectif qui vous permet d’être champion de Côte d’Ivoire et aussi faire l’effort de conserver quelques éléments importants de cet effectif parce qu’après sur l’échiquier international c’est totalement différent du championnat de Côte d’Ivoire. Malheureusement ce que nous constatons avec notre représentant le FC San Pedro, c’est que beaucoup de joueurs qui ont contribué à l’évolution de ce club sur les deux ans sont partis. La SOA n’a pas su renforcer son équipe, ce sont des joueurs du championnat national qui sont partis. Ce n’est pas suffisant pour le haut niveau. Deuxièmement, il faut essayer de recruter sur le plan africain, des joueurs de valeurs, et faire le travail de formation pour puiser les pépites rares dans la formation.

Quel système est mis en place par la DTN pour le recrutement des jeunes ?

C’est de déjà détecter les jeunes, les mettre dans le centre d’excellence de la FIF pour ensuite les préparer à la compétition avant de les engager dans les compétitions africaines de jeunes. Nous l’avons fait en 2012 avec les jeunes que nous avons pris qui sont passés entre les mains de Kamara Ibrahim. Il les a façonnés et a remporté la coupe d’Afrique des cadets (en 2013). C’est le premier trophée ivoirien des jeunes avec Franck Kessié, Habib Maiga, Angban Victorien encore sous l’air Sidy Diallo. Ces jeunes-là sont aujourd’hui dans leur processus normal en équipe nationale A.

Qu’est-ce qu’il en ait du projet initié par Jean Marc Guillou (JMG) concernant la formation et la mise sur pied d’un championnat de jeunes ?

Nous avons fait venir Jean Marc Guillou pour vraiment commencer la formation à la base. Ce projet qui nous permet de prendre en charge des jeunes de 06 à 12 ans et de leur donner la base du football. Quand nous avons vu ce que JMG a fait par le passé avec la génération dorée, pour nous c’était important qu’il revienne en Côte d’Ivoire et qu’il prépare une nouvelle génération. Et ça se passe bien, les recrutements se font à l’INJS et au centre technique à Bingerville. Ce processus va se poursuivre après les 06-12 ans. Quand il va sortir les meilleurs jeunes capables de défendre les couleurs de notre pays, ils vont être reversés à la DTN. Nous sommes très satisfaits de ce travaille et ça se passe très bien pour l’instant. Nous espérons que dans 10 ans nous puissions en toute catégorie réaliser des performances.

Que pensez-vous du football ivoirien ?

Je suis satisfait du football ivoirien. Les missions sont très claires dans nos statuts. Il ne faut pas juger la fédération sur ce qu’elle n’a pas mais sur ce qu’elle a fait. Sur sa mission d’organisation, nous organisons aujourd’hui six divisions de compétition. Nous sommes partis de 133 à 434 clubs aujourd’hui. Nous sommes partis de 3 divisions en activité à 6 divisions. Avant on n’était pas vu aujourd’hui plus de 25 pays dans le monde suivent en direct les matches du championnat ivoirien de football. Et donc, sur une échelle de 1 à 10 je donnerais 8 au football ivoirien.

Source : NCI

Retranscris par Armel YAO

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