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Océane Tahé : «L’escrime est peu connue parce que peu médiatisée»

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Océane Tahé : «L’escrime est peu connue parce que peu médiatisée»

8 August 2019 0

Double championne du monde junior par équipe et double vice-championne d'Europe (2016,2017), Océane Maëva Nancy Dyane N’Guessan Tahé a fait sienne la lutte contre l'immigration clandestine. L'athlète française d'origine ivoirienne confie dans à sport-ivoire.ci, son projet "La Journée des Talents" en faveur des jeunes Ivoiriens, ainsi que de sa carrière et ses ambitions pour l'escrime ivoirienne.

Pouvez-vous présenter aux Ivoiriens ?

Je suis Océane Maëva Nancy Dyane N’Guessan Tahé. J'ai 22 ans. Je suis née à Grenoble. Ça fait maintenant 12 ans que je pratique l'escrime. J'ai commencé à l’âge de 10 ans. J'ai fait une initiation en CM2. Le Maître d'armes Didier Marguerettaz, aujourd'hui encore mon entraineur, avait à l'époque déniché des bonnes aptitudes en moi et m'a aussitôt proposé de m'inscrire dans un club. Ce que j 'ai fait. L'escrime est devenue une passion pour moi depuis.

Quels sont vos grands succès ?

Athlète du club Grenoble Parmentier, j'ai à mon palmarès 6 titres de championne de France. En 2011 et 2012 j’ai été championne de France individuel et équipe minimes et individuel cadet, en 2014 championne de France individuelle équipe cadet. À l'âge de 16 ans, je suis allée à pôle France Jeunes de Bordeaux (élite jeune) où nous étions une vingtaine de filles. J'y suis restée deux années. Après mon baccalauréat, je suis rentrée en 2015 à l'INSEP au cœur de Paris. Mon arrivée dans cet institut a donné plus de rondeurs à mon palmarès. En effet, j 'ai été double championne du monde juniors par équipe en 2016 et 2017. J'ai également été double vice-championne par équipe les mêmes années. Depuis la saison dernière, je suis passée sénior. Cette année, j 'ai gagné une manche de coupe d'Europe des U23 et j'ai fait 3e à un circuit national sénior. Nous avons démarré les qualifications pour les Jeux Olympiques de Tokyo 2020 qui finissent en mai. Et mon rêve c'est de décrocher mon ticket pour cette grosse compétition. Aujourd'hui j’ai le statut de sportive de haut niveau en France.

Quel regard portez-vous sur l'escrime française ?

L'escrime est déjà un sport français. C'est le sport qui a ramené le plus de médailles olympiques de tous les temps. Le niveau est très bon. D'ailleurs nous sommes dans le top 3 mondial.

Ivoirienne née en France, pourquoi n'avez-vous pas choisi de défendre les couleurs de la Côte d'Ivoire ?

Tout simplement parce que j'ai très vite été intégrée dans les structures de l'État français. En 2017, j 'ai échangé avec la fédération ivoirienne qui m'a proposé de m'engager sous le drapeau ivoirien. J'ai pris un temps de réflexion. Par ailleurs, j'avais été déjà insérée dans le système français. L'Etat avait consenti des efforts financiers pour ma formation. Donc, c'était très compliqué que je change de nationalité sportive. Aussi, rajouterais-je que la France met à ma disposition des infrastructures que la Côte d'Ivoire ne peut malheureusement pas égaler actuellement.

Connaissez-vous des athlètes ivoiriens ?

Oui bien sûr ! Il y a Gwladys Sakoa, l'Ivoirienne présente aux JO 2016 avec qui j'ai de très bons rapports. Il y a également Hans Tia que j'avais rencontré en France lors de mon premier sacre au mondial puis retrouvé à Abidjan l'année dernière. Je lui ai même offert du matériel afin qu'il puisse s'entraîner dans de meilleures conditions.

Quel est votre regard sur l'escrime ivoirienne ?

À dire vrai, je n’en ai pas une nette idée. L'année dernière, je devais assister au championnat malheureusement, ça été décalé. Mais je crois que c'est une discipline peu connue parce que peu médiatisée. Ce serait intéressant que ce sport soit connu car je le trouve assez complet et il mérite d'être regardé. Cela contribuera également à son développement.

Alors comment comptez-vous l'aider à sortir des sentiers battus ?

 

La première démarche sera de faire de la publicité en vue d'une promotion avec le défi d'inciter plus de personnes à adopter et aimer cette discipline. Je pourrai également aider à la bonne pratique des athlètes ivoiriens en leur fournissant du matériel. Mieux, je pourrai être l'intermédiaire entre les fédérations ivoirienne et française en vue d'une signature de partenariat. Je pourrai en parler et les mettre en relation. Ça pourrait se faire. On pourrait également organiser des initiations dans les quartiers et je pourrais associer mon image à ces événements

Comment avez-vous été accueillie à votre arrivée ?

J'ai été super bien accueillie. Ça fait vraiment du bien de retrouver mon pays, ma terre et celle de mes ancêtres. C'est vraiment super de retrouver cette chaleur du pays.

Quel est le projet majeur qui motive votre présence à Abidjan ?

L'année dernière, ma mère (Dyane AHONDJO) et mon aînée (Angélique TAHE) et moi avions mis sur pied un projet dénommé "La Journée des Talents". La première édition fut un succès. Nous venons pour le second acte de ce beau projet qui vise à dénicher des talents pour les accompagner et développer leur activité. C’est dans l'optique de lutter contre l'immigration clandestine. Ce phénomène cause tant de morts à l'Afrique et la désillusion chez plusieurs. Quand bien même, ils parviennent à atteindre l'Europe. Cet événement vise donc à célébrer le potentiel des jeunes ivoiriens à travers un concours dans le domaine de l'art, la culture et le sport.

Qu'est-ce qui va se passer concrètement ?

La journée des talents se déroulera sur trois jours (9- 11 août) dans la sous-préfecture de Yakassé-Mé. Les participants exprimeront leur savoir-faire dans plusieurs catégories dont la peinture, la sculpture, le dessin, la couture, la coiffure, la danse, le chant, l'athlétisme et le football. Les premiers de chaque catégorie seront récompensés. Mais un seul s'adjugera le "Prix Richard DEGBUN". Le grand vainqueur bénéficiera d'un accompagnement personnalisé (Fourniture de matériel, Formation) Jusqu’à ce que le projet aboutisse et qu'il devienne indépendant. Notre projet vise également à lutter contre la déscolarisation des enfants. À ce titre, nous encourageons nos lauréats à poursuivre les études à coté de leur passion. Les deux lauréats exceptionnellement de l'année dernière ont été reçus au BEPC et au BAC en plus de pratiquer l'athlétisme.

Que pouvez dire à tous ces jeunes talentueux désireux d'aller en Europe ?

Je veux que les jeunes se rendent compte de l'énorme talent qu'ils ont. Nous tenons à les aider en les accompagnant afin qu'ils restent sur place et participent au développement du pays. La Côte d'Ivoire, c'est un très beau pays. Pourquoi aller voir ailleurs ? Ici, il y a déjà tout. Il suffit d'un peu de moyens et d'ingéniosité pour réussir de grandes choses. Le bonheur ne se trouve pas forcément en Europe.

Après ces deux éditions à Yakassé-Mé, comptez-vous ratisser large ?

Oui bien sûr ! Nous comptons étendre notre champ d'action pour plus porter le message à travers le continent en commençant par la Côte d'Ivoire. Et nous espérons que nous serons accompagnés dans cette lutte par plusieurs sponsors et autres bonnes volontés.

Réalisée par Lebéni Koffi

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