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[Exclusif] Eugène Diomandé : « Je veux être le candidat de tous les clubs »

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[Exclusif] Eugène Diomandé : « Je veux être le candidat de tous les clubs »

16 October 2019 0

Depuis le 14 octobre 2019, la candidature d’Eugène Diomandé à la présidence de la FIF ne fait plus aucun doute. Pourtant, les circonstances de la déclaration par voie de porte-parole de son avocat, laissaient planer quelques incertitudes sur la décision du principal concerné. Pour en avoir le cœur net, sport-ivoire.ci, depuis son exil européen, a réussi à sortir le président du Séwé Sport de San Pedro de son long silence. Dans cet entretien exclusif, le premier candidat déclaré à la présidentielle de la FIF, évoque son retour au pays, sa détermination, ses rapports avec le GX, son regard sur le football ivoirien, la susceptible candidature de Didier Drogba, sans oublier le Séwé Sport, son club passé de la lumière à l’ombre de la Ligue 2.

Eugène Diomandé, confirmez-vous l’annonce de votre candidature à l’élection à la présidence de la FIF, prononcé le lundi 14 octobre par le porte-parole de votre avocat ?

En attendant que je vienne effectivement à Abidjan, je viens par votre canal confirmer les propos du porte-parole de mon avocat. Je confirme donc ma candidature à la présidence de la Fédération Ivoirienne de Football. Après que l'AC Ajaccio sur son site ait laissé subodorer la nouvelle, je m'étais astreint à un silence pendant un certain temps, pour peaufiner certains détails. Je continue à ce jour à travailler, mais la résolution et la détermination sont certaines. Cette candidature a été portée par voie d'avocat pour simplement garantir le sérieux de mon engagement. Il est lui-même un sérieux avocat international qui a pris le temps de s'assurer de mon sérieux et de ma détermination de candidat, avant de décider de m'accompagner dans cette option. Dans toute élection, il y a plusieurs aspects qui entrent en ligne de compte, dont les aspects juridiques. Je suis donc entrain de parfaire certains détails de cette candidature avant de venir à Abidjan.

Vous annoncez votre retour en Côte d’Ivoire alors que plusieurs personnes soupçonnent des poursuites judiciaires à votre encontre. Vous n’avez pas peur ?

(Rire) Je veux vous rassurer, et également indiquer à tous que je n'ai aucun souci judiciaire particulier, je n'ai pas de peur particulière qui m'empêche de venir à Abidjan. Je suis resté longtemps à l'extérieur pour travailler à la consolidation de mes affaires et mes biens. C'est dans l'attente de la consolidation de tout ce que j'ai entrepris que nous avons jugé bon, moi et mon avocat, de prendre date, dès à présent, en faisant acte de candidature de manière officielle, avant mon arrivée à Abidjan. Cela se fera avant la fin de l'année 2019.

Quelques jours après l’annonce officiel du premier candidat déclaré à l’élection du président de la Fédération Ivoirienne de Football (FIF), quels sont les retours que vous percevez ?

Les retours, essentiellement de l'environnement du football en Côte d'Ivoire, semblent positifs. Je suis sollicité pour des félicitations et des encouragements. Mais, je suis un peu méfiant. Car ce ne sont que des soutiens verbaux qui s'expriment. Il est certain que je doive faire face à d'autres options. Il est aussi certain que plusieurs de mes pairs n'aient pas apprécié la forme que j'ai empruntée pour annoncer mon intention. Par contre je ne leur ferai pas l'injure de parler ainsi de leur sentiment. Mais quand je vais arriver, il est certain que je les verrai.

Pourquoi vous dévoiler si tôt alors que la date de l’élection elle-même reste un mystère pour tous les acteurs ?

C’est vrai qu'aujourd'hui, nous n'avons pas la date des élections. Par contre et à mon sens, l'Assemblée Générale Elective ne saurait se tenir avant la seconde moitié de l'année prochaine. Tout simplement parce que les dispositions n'ont pas été prises par l'instance fédérale pour que cela se passe en février 2020 comme prévu. Il n'y a pas mal de problèmes à régler, notamment celui de la Commission Electorale Indépendante (CEI) qui a été soulevé par certains dirigeants. Je pense qu'il y aura une Assemblée Générale Extraordinaire pour constituer la CEI et fixer la date des élections. C'est vrai que je ne suis pas dans le secret des dirigeants actuels de la Fédération, mais je pense qu'avec toutes ces tergiversations, il faudra attendre une élection dans la seconde moitié de 2020. Ce qui donnera largement le temps aux candidats de se déclarer et de faire campagne.

 

“Je n'ai pas informé le GX. Mais, ce n'est pas par manque de courtoisie…“

 

Candidat éloigné du théâtre des opérations, mais homme averti, quel diagnostic faites-vous de l’état actuel et global du football ivoirien ?

Si je suis candidat, c’est que j'estime que le football ivoirien ne va pas bien. Je ne vais pourtant pas enfourcher le cheval des imprécations et des injures pour charger l'instance fédérale, qui a sa part de responsabilité dans ce constat. Mais je pense que nous-mêmes, aussi, en tant que dirigeants de clubs, nous avons notre part de responsabilité. L'Etat de Côte d'Ivoire a également sa part de responsabilité. Le football ivoirien ne se porte pas bien. Pour preuve, les prestations de l'équipe nationale rétrogradée de manière spectaculaire dans les différents classements avec une participation mi-figue, mi-raisin à la CAN 2019. Il y a également un gros retard dans le développement du football des jeunes par rapport à des pays que nous dominions largement avant. Je n'apprendrai rien à personne si j'évoque la déchéance du football local. Nous n'avons pas encore pu résoudre le problème de l'attractivité de notre football malgré les efforts remarquables des diffuseurs. Et le problème majeur n'est pas le mauvais niveau des athlètes. Juste l'environnement qui n'est pas assez motivant et stimulant pour eux. Nous perdons des joueurs après un an de prestation pour des pays qui ne sont pas les plus côtés. Nous avons tellement rétrogradé que nous n'avons plus droit qu'à deux représentants en compétitions africaines, au lieu de quatre. C'est réellement inquiétant. Pour repartir de plus bel, il faudra reprendre, à bras le corps, le développement du football local avec le championnat des jeunes. Le football ivoirien ne se porte pas bien, et ce ne sont pas les quelques coups d'éclat des Eléphants qui pourrait nous faire donner un autre diagnostic.

Vous êtes membre du GX et vous semblez ne pas avoir informé ce groupement opposé à la gestion de la FIF de votre intention. Avez-vous quitté ce bloc ?

Je ne suis pas ignorant de ces deux grands blocs. Je demeure, pour ma part, toujours membre du GX. Je viens de lire les propos de mon frère Koné Abdoulaye qui indique ne pas être informé de mon intention de candidature et affirme que le GX ne porte pas ma candidature. Je veux remercier Koné Abdoulaye pour la justesse de ses propos. Effectivement, je n'ai pas informé le GX. Mais, ce n'est pas par manque de courtoisie au GX pour lequel j'ai un grand respect. Il y a juste des divergences de point de vue sur la stratégie à adopter, les armes à utiliser. Je suis pour un débat plus fraternel, plus règlementaire et plus apaisé au niveau du football ivoirien. C'est vrai, le GX porte en son sein des ténors du football ivoirien que je ne saurais ignorer. Et je me ferai fort de les rencontrer à mon arrivée, pour solliciter un entretien en vue de leur expliquer le sens de ma démarche. Je vous assure que ce serait un honneur que le GX porte ma candidature, en tant que locomotive de la réforme et des innovations du football ivoirien. En tant que porteur du programme que j'ai présenté. Alors si cette déclaration a frustré certains membres du GX, je tiens à m'en excuser. Mais pour moi, le GX doit œuvrer à la réconciliation.

Pourquoi avez-vous fait votre annonce de candidature hors du cadre du groupement auquel vous dites appartenir ?

Si j'ai fait ma déclaration en dehors du GX, cela porte sur deux raisons. La première est que je me veux le candidat de tous les clubs de Côte d'Ivoire. J'estime que si quelqu'un est candidat, il ne doit pas être un candidat du GX contre le candidat de la FIF. Un candidat qui veut réconcilier le football ivoirien ne doit pas se définir comme celui d'une partie. Tout simplement parce qu'il veut le bien de tout le football ivoirien et de tous ses acteurs. Et j'attire l'attention du GX sur cet aspect. La seconde raison est que j'ai eu l'impression que certaines personnes ont voulu prendre le GX en otage, au niveau des candidatures. Ma démarche a été faite pour libérer les membres du GX de cette prise d'otage en quelque sorte. Au-delà de ce bloc, j'ai voulu que chacun en tant que président de club se prononce sur le programme et sur les capacités réelles des candidats. Et non pas, par rapport à leur appartenance au GX. Je tiens donc à indiquer à mes pairs qu'il n'était nullement dans mes intentions de les ignorer, ou de les frustrer. J'ai posé un acte pour amener les uns et les autres à prendre conscience du fait qu'il faut nous inscrire dans un cadre commun et fraternel. L'objectif étant d'offrir le meilleur profil capable de rendre service au football ivoirien, et surtout aux clubs qui doivent profiter des dividendes du football et non de l'équipe nationale seulement. On ne peut pas porter une locomotive avec des wagons délabrés. Il faut que tous soient en bon état pour devenir le TGV du football africain.    

Depuis quelques temps, le slogan est « le football aux footballeur » comme pour indiquer que la présidence de la FIF doit être occupée par un pratiquant. Quel est votre analyse de cette maxime ?

D’abord, je dois vous dire que j'ai été footballeur. J'ai joué au Stade d'Abidjan en cadet, j'ai joué à l'ASEC Mimosas en junior et j'ai participé à deux matches en sénior. Il faut que cela soit su par ceux qui l'ignorent. Je n'ai pas été plus loin pour mes études. Je suis pour que les anciens footballeurs intègrent l'organisation et l'activité du football de compétition en Côte d'Ivoire et à tous les niveaux. Mais, pour moi, il ne doit pas y avoir de combat à mener de manière factuelle, entre les footballeurs, les anciens et ceux qui n'ont pas joué au football et qui en sont des administrateurs. Pour moi, la seule qualité de footballeur ne détermine pas la qualité et la capacité de gérer et de conduire un club. Et les exemples sont légion.

 

“L'annonce de la candidature de Didier Drogba suscite des réactions des anciens dont certains sont contre. Je trouve que c'est un peu déplorable“

 

Bonaventure Kalou et Didier Drogba sont susceptibles d’être des concurrents dans la course à la présidence de la FIF. Comment jugez-vous leur profil ?

Pour ce qui concerne les deux candidats potentiels, et je les invite à se déclarer aussi, ce sont des personnes pour lesquelles j'ai de l'estime. Je les respecte. Que ce soit Bonaventure Kalou, que je connais mieux au plan humain, qui a des idées, de la personnalité et du caractère, ou Didier Drogba qui est une icône incontestable du football, et qui peut apporter beaucoup au football ivoirien en tant que président. Mais soit dit en passant, il (Drogba) n'a pas besoin d'être président pour apporter. Je ne lui conteste pourtant pas le droit de vouloir apporter en tant que président. Je ne vois pas cela d'un mauvais œil. Par contre, ce que je déplore un peu aujourd'hui, c'est que tout le monde connaisse l'état de délabrement financier des clubs ivoiriens et qu'ils (footballeurs) n'apportent pas leur pierre à l'édifice. Combien sont-ils les footballeurs ivoiriens qui sont venus investir dans un club en Côte d’Ivoire ? Il en n’existe pratiquement pas. Alors que ces footballeurs ont les moyens de rehausser le niveau financier et partant, sportif de ces clubs-là. Ils ne veulent pas prendre de risques parce que la gestion d'un club au quotidien n'est pas facile. Il y a des retours de bâton. Mais justement quand on aspire gérer le football ivoirien dans son entièreté, il faut prendre le risque d'aller au charbon déjà au niveau des clubs. Je ne suis pas contre, mais l'intégration des footballeurs dans la gestion du football en Côte d'Ivoire doit se faire par dose homéopathique, de manière graduelle.

Concernant Didier Drogba, il subit, depuis sa susceptible candidature, le courroux, selon nos informations, de quelques dirigeants et même d’anciens footballeurs. Trouvez-vous cela compréhensible ?

Je vois, moi aussi que l'annonce de candidature de Didier Drogba suscite des réactions des anciens dont certains sont contre. Je respecte l'avis de tout le monde, mais je trouve que c'est un peu déplorable. Je pense même qu'ils sont utilisés. Ils peuvent suivre leurs intérêts, mais pas ceux de certaines personnes qui sont souvent extra-sportifs, pour attaquer leur jeune frère. Et puis, il est annoncé que ma candidature est contre celle de Drogba.  Non, je ne suis pas candidat contre lui. Je suis candidat pour la présidence de la FIF. C’est comme à l’époque on me taxait d’être candidat contre Sidy Diallo, c’est complètement hors de propos. On n’est pas candidat contre une personne, mais on l’est parce qu’on porte un programme d’action.

Impossible de ne pas vous lier au succès du Séwé Sport de San Pedro, mais aussi à sa déchéance jusqu’à sa relégation en Ligue 2. Alors qu’est ce qui n’a pas marché ?

Il faut regarder le parcours du Séwé Sport de San Pedro à travers mon parcours personnel. Et ce n'est pas que ce club ne soit pas structuré. Je rends hommage à mes collaborateurs qui font ce qu'ils peuvent. Mais le football aujourd'hui est une grande industrie. Je suis arrivé au Séwé en 2003 quand ce club était en Ligue 2. Et nous l'avons réorganisé au plan administratif et organisationnel pour revenir en Ligue 1. Le club était installé à San Pedro et nous avons essayé de promouvoir les joueurs du cru. Mais nous avons rencontré des obstacles qui nous ont obligé à délocaliser le club tout en gardant le cadre du stade Auguste Denise pour nos matches à domicile. Nous avons fait des efforts financiers pour séjourner parmi les meilleurs clubs ivoiriens. Ce qui nous a permis de jouer des coupes africaines. Pour pouvoir exister sur le continent et en local, nous avons évolué en surrégime. Et à 90%, les ressources venaient du président du club. Parce que ce n'est pas avec la subvention de la FIF, ni les subventions méritoires du Conseil Général de San Pedro qu'on pouvait atteindre ce palier. Parce que la Coupe d'Afrique comporte beaucoup de choses. D'un budget de 150 millions au départ, nous sommes montés autour de 350 millions de Frs Cfa. Lorsque nous sommes arrivés en finale de la Coupe de la Confédération, les charges sont montées à 480 millions de Frs Cfa. Le Séwé vivait au-dessus de ses moyens. Pour tutoyer ce niveau nous faisons des recrutements ambitieux entre 5 et 10 millions de Frs avec des salaires compris entre 500 mille et 1 million de Frs Cfa. Lorsque nous avions 200 millions de ristourne de la CAF, nous nous retrouvions avec un déficit de 280 millions. Qui couvrait tout cela ? Et nous repartions d'année en année avec des déficits sans les couvrir et avec de nouvelles dépenses. Tout cela passait quand le président était prospère. Mais quand j'ai perdu ma société, et quand j'ai dû m'exiler, n'ayant plus de base arrière pour mes affaires, j'ai été obligé de m'organiser de manière ponctuelle et réduire beaucoup de choses. Je ne pouvais plus faire face aux besoins du club. A partir de 2014, où nous nous sommes retrouvés avec de très grosses dettes que nous ne pouvions pas couvrir même avec les recettes des transferts, mes partenaires ayant fait ce qu'ils pouvaient, on n'avait plus les moyens. Nous avons donc perdu nos joueurs, notre capacité de recrutement et notre organisation intérieur. Certains vont dire qu'il aurait fallu structurer le club pour ne pas avoir des problèmes, mais c'était difficile parce qu'on faisait face à des impératifs sportifs et financiers de premier ordre chaque année et chaque mois. N'ayant pas de sponsor, avec le seul Conseil Général de San Pedro, il était difficile d'investir. Alors quand il y a eu la dégringolade financière, le sportif a suivi. Nous étions au bord de la chute totale. Mais avec l'aide de mes collaborateurs, nous avons réussi à arrêter l'hémorragie. Aujourd’hui, nous avons pour ambition de ramener rapidement le club au sein de l'élite. Mais ce n'est pas facile. Parce que la Ligue 2 est d'un très bon niveau.

Réalisée par Patrick GUITEY

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