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« Si Lyon m’appelle, c’est non »

1 March 2019 0

Auteur d'une très bonne saison, avec déjà dix buts inscrits en Ligue 1, Max-Alain Gradel s'est confié à RMC Sport avant le déplacement du Téfécé à Lyon, dimanche, à l'occasion de la 27e journée de Ligue 1. L'international ivoirien revient sur ses débuts en pro, son aventure chez les Verts ou encore ses objectifs.

Peu de personnes savent que vous êtes parti très jeune en Angleterre, à 16 ans. Qu’est-ce qui pousse un footballeur de cet âge-là à tenter l’aventure là-bas?

La passion. L’envie de réussir et de réaliser son rêve. Il n’y a que ça qui peut pousser un jeune à aller aussi loin. J’ai fait trois, quatre mois à l’académie de West Ham, puis quatre mois à Arsenal, avec des contrats "stagiaire". Puis Leicester City, qui jouait en 3e division, m’a proposé un contrat professionnel. C’était le début de l’aventure.

Comment s’est passé l’apprentissage? Est-ce qu’il y a eu des moments difficiles?

Bien sûr qu’il y a eu des moments difficiles. Des moments très difficiles même. Des années difficiles. On arrive, on ne parle pas la langue. J’habitais avec ma grande sœur, on ne connaissait personne, pas de contact. Du coup, il faut s’entraîner pour ne pas perdre le rythme. Pendant plus d’un an et demi. C’était difficile car tout est structuré là-bas, on ne peut pas aller comme ça dans un club, il faut connaître des agents, des personnes qui vous permettent d’intégrer ces clubs-là. Et je n’en avais pas. Donc j’ai été obligé d’aller à l’école. Et d’intégrer l’équipe de foot. Et c’est de là que tout est parti.

Vous passez donc par Leicester, Leeds, Bournemouth. Pas les endroits les plus touristiques de l’Angleterre…

Ça dépend. Ça dépend de ce qu’on cherche (il rit) ! Moi la vie me plaisait. Ce ne sont pas des endroits où l’on va forcément en vacances. Mais vu que je cherchais ce pourquoi j’étais là, moi, ça m’allait très bien.

Vous avez dit, "l’Angleterre c’est mon deuxième pays". Qu’avez-vous profondément aimé là-bas?

C’est le pays qui m’a accepté. Qui m’a permis de réaliser mon rêve, de devenir footballeur professionnel. Donc c’est quelque chose pour moi. Je ne peux pas oublier ça. J’ai aimé la passion des gens, la passion des supporters et leur football. Je me suis vraiment attaché à ça.

C’est quelque chose que vous avez retrouvé à Saint Etienne ensuite (où il a joué de 2011 à 2015, NDLR)?

Oui, c’est clair, c’est quelque chose qu’on retrouve tout de suite. La passion à Saint-Etienne, c’est énorme. C’est fantastique. Les gens vivent pour le football là-bas. Le simple fait d’avoir appartenu à la famille des Verts, fait que, même aujourd’hui encore, quand je croise des supporters de Saint Etienne, ils me remercient. Ça fait forcément plaisir.

Christophe Galtier, qui était votre entraîneur à l’époque, a dit de vous que vous étiez "un garçon très attachant". Quelle relation aviez-vous avec lui?

Déjà, c’est gentil. C’est lui qui m’a fait connaître le haut niveau. Car jusque-là j’avais évolué en 3e et 2e division anglaise. Je n’avais jamais connu le très haut niveau. Bon, je l’avais connu avec la sélection ivoirienne lorsque j’étais à Leeds. Mais en club, non. La Ligue 1, c’est grâce à lui. C’est lui qui est venu me chercher là-bas. Je lui dois beaucoup.

Il y a des choses que vous retenez de ce passage à Saint-Etienne? Des moments importants?

Oui, des moments importants. Comme des moments où je ne jouais pas, où j’étais énervé contre lui (il sourit). Très énervé contre lui. Lui savait qu’il fallait aller doucement, qu’il fallait que j’apprenne le football français. Tactiquement, dans les placements. Seulement moi, je n’avais qu’une envie, c’était de jouer ! Mais franchement, ce qui m’a beaucoup plu chez lui, c’est que j’ai eu des moments difficiles, des moments où j’étais blessé, où sur le terrain je n’étais pas bon, où il ne pouvait pas me faire jouer, mais après, il a très bien réagi. Pendant quatre mois, je n’ai pas joué, je n’étais pas dans l’équipe. Mais quand j’ai travaillé dur, que je suis revenu, j’ai marqué un but important à Lyon. Et là, il m’a refait confiance. Et il a pris la parole devant le groupe dans les vestiaires pour me rendre hommage. Il a dit: "voilà, Max, il était dans le trou, mais il a bataillé. Des fois, il méritait de jouer et il ne jouait pas. Mais il ne s’est pas découragé. Il a travaillé dur et aujourd’hui il est récompensé". Il m’a pris comme exemple et ça m’a fait plaisir. C’était très important pour moi qu’il reconnaisse ça. Et devant le groupe en plus. Ça montrait ses qualités d’homme. Et ça, je n’oublierai jamais.

Ne regrettez-vous pas votre choix en 2015 d’être parti de Saint-Etienne pour aller à Bournemouth?

Non je ne regrette pas mon choix. Non, non. C’est vrai qu’aujourd’hui les gens pensent que je me suis trompé. Mais je veux leur rappeler que quand je suis parti de Saint-Etienne, je voulais un nouveau contrat, vu notamment la saison que j’avais fait (31 matchs, 17 buts, 3 passes décisives, NDLR). J’avais franchi un nouveau cap. Mais à partir du moment où les deux parties ne sont pas d’accord, ça veut dire qu’on ne peut pas continuer ensemble. Moi, j’ai fait le choix d’aller à Bournemouth car je voulais retourner en Angleterre pour pouvoir jouer en Premier League. Après, il faut savoir que le fait que je ne jouais plus à Bournemouth et que je sois revenu en France a été la conséquence d’une grave blessure au genou. Avant ça, je jouais et j’étais super bien, j’enchaînais les matchs. Tout est parti de ma blessure. Je suis revenu, je n’ai pas pu jouer. Et en Angleterre ça va très vite. Sans ma blessure, je ne pense pas que je serai revenu en France.

Vous étiez prêté l’an passé par Bournemouth à Toulouse. Vous avez inscrit huit buts en Ligue 1. Si on vous dit que sans vous le TFC serait en Ligue 2, vous nous répondez quoi?

Je ne sais pas. Peut-être qu’ils auraient eu un autre joueur. Plus fort que moi. On ne sait jamais. Mais je suis fier de contribuer jours après jours à ce que le club fait. Seulement, je ne peux pas me dire que sans moi le club serait en Ligue 2. Ce n’est pas possible. Je ne joue pas tout seul. J’ai des coéquipiers avec moi qui font le boulot, qui me font confiance, qui me mettent dans de bonnes conditions. Un joueur seul ne peut pas décider du sort d’une équipe. Chacun amène sa contribution. Les joueurs offensifs, qui marquent, sont plus mis en avant. Mais c’est la contribution de tout le monde.

Cette année, vous êtes à dix buts inscrits en championnat, quatre passes décisives, vous êtes capitaine, vous tirez et marquez des coups-francs. Un peu l’homme providentiel. Est-ce que vous ne pourriez pas, ou ne devriez pas, jouer dans un club plus huppé?

Si. Après, il faut poser la question aux clubs plus huppés du championnat. Pourquoi Max Gradel n’a pas beaucoup d’offres? C’est à ces clubs-là qu’il faut poser la question. Moi, je fais ce que j’ai à faire. Après, je me dis que tout le monde ne peut pas jouer au PSG, à Marseille ou Saint-Etienne, les plus grands clubs du championnat français. Mais ça ne me préoccupe pas, je ne me dis pas: "je devrais jouer là ou là". Bien sûr, je sais que j’ai le niveau pour jouer que ce soit à Paris ou à Marseille. Bien sûr. Parce que je me dis que c’est encore plus facile de jouer à Paris qu’à Toulouse. Sans manquer de respect à Toulouse. Jouer à Paris avec tous les bons joueurs qu’ils ont, le samedi, c’est plus facile. Il y a du talent, des joueurs à deux cents millions… c’est plus facile. Ils peuvent te mettre la balle où tu veux! Les yeux fermés.

Des clubs n’ont pas cru en vous l’été dernier, à la fin de votre prêt à Toulouse?

Je ne sais pas. J’ai eu des offres. Certaines très intéressantes. Mais c’était difficile de partir de Toulouse, car j’avais donné ma parole au président. Et je suis un homme de parole. Je lui avais dit qu’à la fin de la saison, si tout se passait bien, Toulouse resterait ma priorité. Du coup, c’était difficile.

On parle de clubs plus huppés, auriez-vous pu jouer à Lyon, par     exemple, que vous affrontez dimanche en Ligue 1? Vous qui avez été Stéphanois.

Franchement, pour vous dire ça sincèrement, je ne peux pas jouer à Lyon. Après mon passage à Saint-Etienne, ce serait compliqué. Pas parce que je ne suis pas ambitieux, mais c’est trop compliqué. Parce que je suis très attaché à Saint-Etienne. Ma fille est née là-bas, je me vois comme un Stéphanois. Ça, c’est à vie. Je vous dis la vérité, même si Lyon m’appelle, pour moi, c’est non.

C’est une rivalité que l’on garde en soi?

Non, ce n’est pas une rivalité, mais après, chacun a sa manière de voir les choses. Parce que j’ai vécu des choses incroyables dans ce derby. Je vous ai parlé de mes moments difficiles à Saint-Etienne. Et le moment le plus difficile est quand j’ai joué contre Lyon (le 10 novembre 2013, défaite 1-2 à domicile, NDLR). Je suis rentré, il y avait un partout et vers la fin du match, j’ai perdu la balle qui a amené le but lyonnais. Et on a perdu ce derby-là. Les supporters n’étaient pas contents après moi. Le coach et le président aussi. Et je suis sorti de l’équipe. Je n’ai presque plus joué pendant quatre mois. Mais au match retour, à Gerland, j’ai marqué le but de la victoire. On a gagné deux à un et tout est reparti de là. C’était fort.

Pour revenir à Toulouse, êtes-vous assurés de ne pas revivre la même fin de saison que l’an passé, où vous avez dû passer par les barrages?

Avec l’effectif qu’on a, la qualité, oui. Moi j’ai confiance en l’équipe, je ne me fais pas de souci à ce niveau-là. Mais c’est clair qu’il va falloir se bouger un peu.

C’est votre message au groupe?

Oui, il faut se bouger. Mais ils le savent déjà. Tout le monde l’a bien compris. Ça va le faire.

Est-ce que vous finirez votre carrière ici?

Ça je ne sais pas. Si je vous dis oui et que demain, Paris, Marseille ou un autre club dans un autre pays m’appelle… donc je ne sais pas, je ne peux pas vous dire.

Il faudrait déjà savoir quand votre carrière va se terminer. Car vous parlez souvent de votre hygiène de vie, de votre sérieux. Ça peut vous pousser à jouer jusqu’à un certain âge (il a 31 ans, NDLR). Y avez-vous déjà réfléchi?

Je ne me mets pas de limite. Je sais que je peux jouer encore très longtemps, si par la grâce de Dieu je n’ai pas de blessures. Après, quand on fait attention à ce qu’on mange, qu’on se repose beaucoup, je pense que c’est la clé de la longévité dans ce genre de métier. Il n’y a pas de secret.

Repos, sérieux, c’est votre vie à côté du football?

Repos oui. Bien manger, éviter l’alcool, les cigarettes. Tout ce qui peut empêcher de vivre pendant longtemps, ou de vieillir plus vite. Je pense qu’il n’y a pas mieux. Il faut faire un choix. On finit la carrière à, allez, trente-sept ans? Trente-huit ans? Quarante ans pour ceux qui ont plus de chance? Tu as tout le temps derrière. Dans la vie active, c’est encore très jeune. Tu as le temps de t’amuser ou de sortir, de boire ou de faire ce que tu veux.

Ce sera quoi l’après-carrière pour vous?

Très bonne question. Je ne sais pas. Franchement. Peut-être agent de joueurs, directeur sportif ou président d’un club. Je ne sais pas. En tous cas je resterai très proche du football. Parce que c’est toute ma vie, c’est ce que je sais faire de mieux.

Vous voulez rester dans le monde du foot. Ce n’est pas le même monde que le monde normal?

Non, ce n’est pas le même.

Vous êtes des gens à part? Mais avez-vous les pieds dans la réalité?

C’est très dur. Mais c’est très important. Il faut se remettre dans la réalité. Etre à l’opposé de la réalité, ce n’est pas bon. Parce qu’après, on a du mal à se faire comprendre. Vu que tout le monde n’est pas footballeur et qu’il y a plus de monde dans la réalité, c’est à nous de basculer du côté des gens. Et j’y arrive.

RMC Sports

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