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Jeux de la Francophonie 2017 : A 100 jours, on attend toujours

13 April 2017 0

Les 8e Jeux de la Francophonie s’ouvrent du 21 au 30 juillet 2017, à Abidjan. A 100 jours de l’événement, le bilan est plus inquiétant qu’enthousiasmant. En tout cas, concernant la préparation des sélections sportives, de la livraison des infrastructures…et de la mobilisation.

A trois mois de l’événement, la Côte d’Ivoire est-elle prête à relever le défi qui lui a été confié il y a de cela quatre ans ? La réponse qui, sans complaisance tend vers le négatif, est bien loin des promesses du ministre Robert Beugré Mambé. « Soyez rassurés parce que les sites seront livrés début novembre 2016 », déclarait le ministre auprès du Président de la République chargé des Jeux de la Francophonie à venir de la Francophonie. 5 mois après la date indiquée, les sites, toujours en chantier, sont loin d’être prêts pour  la livraison. Comme le volet infrastructures, le sportif se met également au diapason.

Pour les 8ès Jeux de la Francophonie, la Côte d’Ivoire est engagée sur 8 disciplines. L’athlétisme, le basket, le cyclisme, le football, le judo, la lutte, les sports paralympiques et le Tennis de table. Bien malin qui sait comment se prépare la majorité des sélections nationales locales. Car si le football et l’athlétisme semblent mieux s’en sortir, ce n’est pas le cas des autres fédérations. Et les plaintes ne datent pas d’hier. « Nous sommes engagés pour les Jeux de la Francophonie que notre pays accueille en 2017. Jusque-là, le Ministère propose 2500 Frs part athlète pour la préparation qui ne prévoit aucun stage international et aucune confrontation pour jauger nos athlètes. Cela vaut pour presque toutes les fédérations. C’est impensable ailleurs », décriait-on au niveau de la  lutte en début d’année.  Jusqu’à présent, rien de nouveau sous le soleil ardent.

« On entend beaucoup de choses, mais on ne voit rien »

Si la préparation se déroule au Lycée Municipal de Marcory, point de prise en charge effective. « On a commencé la préparation des Jeux de la francophonie depuis quelque temps. Les encadreurs ont formé une équipe de 20 lutteurs mais depuis, on ne voit pas l’argent de l’Etat. Les enfants quittent Abobo et Yopougon, on leur donne 1000 Frs Cfa comme transport pourtant on a une équipe de lutte olympique et une équipe de lutte africaine à gérer. Ce n’est pas au dernier moment que les moyens doivent venir. On entend beaucoup de choses mais on ne voit rien », a décrié Dr. Raoul Obrou, président de la Fédération ivoirienne de lutte (Fil), chez le confrère Abidjan Sport.

Au niveau du basket, « nous sommes au point mort », réagit Mathieu Agui, joint au téléphone. Selon le président de la Fédération ivoirienne, « la fermeture des infrastructures pour les travaux de réhabilitation est un problème pour nous qui espérons nous préparer sur place », a-t-il indiqué. Pour l’équipe féminine qui défendra son titre acquis à Nice il y a quatre ans, difficile sera la mission. Surtout que la préparation ne devrait débuter qu’à trois mois de la compétition. Selon le président de la Fédération ivoirienne de judo, « la préparation aurait dû démarrer au moment où la Côte d’Ivoire recevait l’organisation des Jeux. C’est dommage que la question se pose à trois mois de l’événement. Aujourd’hui, nous avons plus besoin de compétitions que de préparation que nous continuons à faire au Camp Galiéni dont les surface ne sont pas conformes aux normes internationales », a indiqué Isaac Angbo. Ainsi, et vu ses difficultés, l’objectif, au niveau du judo, sera de réaliser « une participation honorable ». Là où le directeur de cabinet du Ministre ivoirien des sports a indiqué le podium comme objectif des athlètes, les prétentions semblent plutôt à la baisse.

Engouement populaire également en attente

Là où le baromètre n’a jamais oscillé, c’est bien au niveau de l’engouement de la population autour de cet événement. Confinés auprès des décideurs ou des travailleurs pressés sur les chantiers pour achever les infrastructures sportives, les Jeux de la Francophonie ne font pas frémir les Ivoiriens. Comme ça aurait pu être le cas s’il s’agissait de la CAN de football. Si quelques panneaux publicitaires badigeonnent les artères de la capitale économique (Abidjan), le constat de la mobilisation est attristant. Au lieu d’une implication populaire, « il ya plutôt une appropriation privée de la chose. Ensuite aucun sportif n'est impliqué.(…) Ici, on improvise avec des communicants et des politiques », a indiqué Serge Doh. Un avis partagé par la majorité des intervenants qui ont mis surtout en avant, les difficultés sociales au dessus de festivités socioculturelles.  C’est clair, les Ivoiriens par rapport aux Jeux de la Francophonie sont ailleurs, et ce n’est pas la célébration des 100 jours avant  le début de la compétition qui semble pouvoir créer le déclic là où on l’attend vraiment.

 

Patrick GUITEY

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